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Nous reviendrons chaque semaine sur cette série.
Après avoir "entendu" Ibn Khaldoum et Jean Chardin, "écoutons" (le nomade est dans la transmission orale) à présent ce que dit Mohammed Boughdadi qui connaît bien la question à en juger ses écrits :

" Le bédouin ne se découvre libre en lui-même  qu'au milieu de cette immensité qui lui est familière et dont il se sent le seigneur, mais aussi l'esclave. Il est l'assujetti de cette vie qui lui est imposée par la nature du désert durant des siècles. Il y a acquis une certaine liberté personnelle, déliée de tout lien matériel et souvent visitée par la soif, la faim et le dénuement. Pour le nomade, vivre c'est toujours avancer sous le plus éclatant et le plus ardent des soleils. C'est se délecter de cette amertume à lui habituelle et qui l'a façonné et aguerri. C'est se sentir prisonnier de ces infinies étendues sans barreaux ni porte scellée. Les implacables horizons aux dimensions démesurées, qui lui sont pourtant difficiles à atteindre, ont raffermi son caractère et renforcé sa rusticité, car le bédouinisme est source de persévérance et de courage.  Le nomade, face au désert, ne peut se permettre de se montrer faible ou ballant. D'ailleurs qui serait là pour écouter sa plainte ? Qui le soutiendra sinon son courage et son degré d'endurance ? Où le nomade pourra-t-il s'aventurer au delà de ces limites inflexibles? L'errance qui a forgé sa mentalité le rend indifférent à tout ce qui pourrait exister ailleurs. Ne possédant rien, il escompte tout plaisir et toute ambition inutiles. Cet état d'âme est, pour lui, une vérité absolute sans laquelle la vie serait sans attraits ni plaisirs.".... 
                                                   In "Le conflit Saharien dans le contexte sécuritaire euro maghrébin" 2007
 

 

La nomadine

Tag(s) : #désert

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