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Enfin les images sont arrivées, je peux vous parler des improvisations picturales réalisées pendant le festival Jazz à Vienne.
Merci à Jean-Marc pour les images, grand merci à France pour le texte qu'elle m'a offert à cette occasion et que je vous fais partager.




JAZZ Á VIENNE - Théâtre de Cybèle, lundi 10 juillet 2006 –


Pendant le festival de jazz, l’association Solosary, présidée par Michel Rémy BEZ, propose, chaque jour, à trois de ses adhérents, de peintre, en direct, pendant les concerts de l’après-midi au théâtre de Cybèle. L’improvisation c’est le maître mot du jazz, ce sera également celui de la création picturale. Belle performance !

Ce lundi 10 juillet, c’est au tour de Claire GUERRY, Jean-Marc VOILLOT et Denise SAUZON de relever le défi en compagnie de l’école de musique du SIM.

Un peu à l’écart, sur la pelouse, un chapiteau de toile blanche les protège des rayons du soleil, pas de la chaleur. La peinture se crée à l’ombre.

Deux heures, les artistes ne disposent que de deux heures pour réaliser une œuvre !

Sans pour autant négliger les travaux de Claire GUERY et de Jean-Marc VOILLOT, mon attention se porte sur celui de Denise SAUZON. Elle joue le jeu avec sérieux et enthousiasme. C’est une habituée du « live » et c’est sa seconde année au festival de jazz.

Dans un premier temps, sans se stresser, elle installe le matériel à sa disposition : chevalet, toile, acrylique, et ne prend dans son sac que ses ustensiles habituels : des couteaux de différentes formes, des pinceaux, des chiffons. Il faut coincer des calles de bois derrière la toile, trouver le meilleur angle, non pour assister au concert mais pour jauger de la lumière. La musique s’écoute, avant tout. De la scène, Denise ne distingue qu’une partie du décor, l’affiche agrandie du festival créée par Bruno THERY : cabines de plage colorées en rose et jaune, dos du sanglier, fond oranger. Ces couleurs vont déterminer sa palette.

Son travail est physique. Totalement au début. Quelques traits au fusain simplement esquissés, prise de recul, réflexions intérieures. Denise prend son temps. Puis, son corps s’anime. Coincée dessous un tablier, sa robe légère bouge. Bien campée sur deux pieds, couteau dans la main droite, Denise se lance. D’abord le fond : des bruns, des rouges, des orangers. L’acrylique s’étale en fine couche par gestes souples. Les traits se succèdent. Bientôt la peinture recouvre toute la toile. Difficile d’identifier un objet. L’ensemble harmonieux n’est qu’une base. Puis peu à peu, prennent forme : un saxo à peine esquissé dans la partie gauche ; presque au milieu, trois tambours aux corps allongés. Quelques notes sur une portée volent au sommet, à droite.
De temps à autre, Denise s’arrête, boit, discute, plaisante. Elle met en garde un enfant : s’il s’approche trop près, il risque de se tacher. Son regard s’évade ailleurs, dans ses pensées, probablement. Elle plonge sa main dans la réserve d’acrylique pour y prendre un tube. Maintenant il lui faut de la matière pour donner du relief à cette musique traduite en couleurs et mouvements.
Les notes s’effacent, se dissimulent sous d’autres traits, d’autres tons. Peut-être veut-elle signifier que tout jazz, digne de ce nom, n’utilise aucune partition.
Le saxo s’emplit d’or, le corps de l’instrument luit, gonfle. Mais il n’est pas léché, il se fond dans l’ensemble.
Le mental, la main sont au service de la création. Le corps n’a plus besoin d’extérioriser le rythme. Denise est concentrée sur son travail.

A 17 h 30, le temps imparti s’est écoulé. L’œuvre est considérée achevée. Elle l’est. Mais qui peut dire si l’artiste n’a pas encore envie d’ajouter, de modifier ?

Les mains pleines de peinture, Denise regarde les travaux des deux autres. Des photographies sont prises. Il faut se séparer des toiles, le contrat l’exige. Il faut les porter, encore fraîches, à l’entrée du théâtre antique pour les accrocher sur des cimaises éclairées. Les spectateurs les verront en accédant au spectacle. Après Jazz Adami, Sixun , Joe Zawinul et le Big Band Köln, quelques-uns s’arrêteront et commenteront.

Maintenant, les toiles vont poursuivre leur chemin. Elles sont à disposition de l’association, seront exposées pendant l’automne.

D’autres artistes improviseront pendant toute la durée du festival. Plus tard, des amateurs de jazz, séduits, achèteront ces travaux, peut-être...


France LESTELLE



Tag(s) : #art-dine

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